Juin 2014: Lettre RePeGlio 

 Bonjour {Genre} {Nom},

Informatique fantôme Part 1 : Les décisionnaires

    Pour ceux qui auraient ratés la lettre RePeGlio de Mai « le syndrome des habits neufs de l’Empereur », voici un résumé : les cadres font eux-mêmes avec Excel les programmes spécifiques que les ERP monolithiques ne savent pas faire, et cela en dehors de tout contrôle des Directions Informatiques. Cette informatique est connue sous le nom « d’informatique fantôme » en France et « Shadow IT ou Ghost IT » aux US.

    Nous allons publier une série d’articles à propos de l’informatique fantôme. Ce mois-ci nous aborderons la partie 1: les décisionnaires.     Nous tenterons de répondre à cette question : comment des décisionnaires cultivés peuvent-ils choisir un ERP monolithique pour gérer l’informatique de leur société ?
    Nous pouvons dégager la règle suivante : plus le langage est standard, plus l’ERP est pertinent. A contrario : plus le langage est spécifique, plus l’informatique fantôme devient une nécessité pour l’entreprise dotée d’un ERP monolithique.
    L’exemple typique d’informatique standardisée idéale pour un ERP est la comptabilité générale où les charges sont ventilées par nature en fonction d’un plan comptable Européen.

        Afin de détecter les applications spécifiques, le décisionnaire devrait dessiner une cible en plaçant les applications cœur de métier au centre. Les applications standards par nature comme la comptabilité générale et les applications verticales comme les suites bureautiques seront placées dans la bande extérieure la plus éloignée du cœur de cible.

    Selon nous, l’erreur la plus réitérée consiste à confondre conséquence et cause.
    Pendant des milliers d’années, nos ancêtres disaient : « puisque le soleil se lève à l’Est et se couche à l’Ouest en une journée, le soleil tourne autour de la Terre. » Nous le savons aujourd’hui, nos ancêtres prenaient une conséquence pour la cause. En informatique, les besoins exprimés par les utilisateurs sont la cause, le logiciel la conséquence. L’erreur est que les décisionnaires confondent les deux.  

Un intégrateur conseille : « les entreprises doivent planifier le passage à l’ERP non pas comme un projet informatique mais comme ce qu’il est : un projet de changement organisationnel.» Autrement dit, le logiciel prend le pas sur les besoins des utilisateurs. Lorsque les informaticiens maison résistent, voici quelques-uns des arguments véridiques qui leur sont opposés: « Une société agroalimentaire ça se gère comme un laminoir » ou encore « l’ERP va vous apprendre votre métier. »

    Dans le domaine des achats, l'intégrateur avait assuré que, sur deux ans, l’ERP permettrait un retour sur investissement, voire mieux. Les cadres faisaient remarquer que si tel était le cas, cela voudrait dire que, eux, qui connaissaient parfaitement le métier de l’entreprise, étaient vraiment nuls. En fait de retours il y eu des erreurs monumentales sur des contrats énormes qui n’ont pas été comptabilisées dans le coût de l’ERP, mais imputées au manque d’attention des utilisateurs, forcés de saisir une foule de codes imposés par l’ERP en plus des données utiles. Dans cet exemple réel l’ERP avait déjà coûté le prix d’une usine ! Mais, ajoute notre témoin, lors du dépôt de bilan, du jour au lendemain, l’ERP ne valait plus un centime. C’est-à-dire pas plus que les habits neufs de l’Empereur. C’était du soft allogène, une illusion, du vent.
    Selon nous, les décisionnaires jugent qu’un logiciel ERP est meilleur qu’un logiciel maison car l’ERP dispose de références mondiales impressionnantes, un véritable défilé des logos les plus prestigieux et des consultants de très haut niveau allant de bac + 5 à bac +15, des siècles hommes consacrés à leur conception et leur évolution. Le volume gigantesque du soft, la base de données unique, les 3000 fichiers nécessaires pour paramétrer l’ERP, laissent envisager une infinité de fonctionnalités à forte valeur ajoutée.
    A côté, le personnel informatique interne, généralement des bac +2 formés dans des universités régionales, fait pâle figure avec les programmes spécifiques écrits en RPG au fil des ans en fonction des besoins exprimés par les utilisateurs maison. « L’informatique n’est pas votre métier, c’est le nôtre » menacent les intégrateurs qui mettent en avant l’utilisation par l’ERP des meilleurs pratiques « best practices » du moment.
    Le décisionnaire est ébloui par cet immense soleil logiciel qui gravite autour des grosses entreprises. L’ERP monolithique est un produit 100% marketing. Les décisionnaires, qui sont souvent des financiers purs, s’y laissent prendre : « si toutes les sociétés du groupe ont le même logiciel, tout deviendra plus facile » croient-ils naïvement.
    Nous terminerons par une exception. Il existe un secteur d’activité où les décisionnaires ne se laissent pas prendre aux miroirs aux alouettes des ERP. Les grandes banques refusent les ERP, sauf parfois pour la comptabilité et la gestion du personnel, le cœur de métier service client étant toujours développé en spécifique.

    Il est intéressant de noter leur argumentation : la mutualisation d’un progiciel bancaire et le recours aux « best practices » feraient que toutes les banques détentrices du même progiciel bancaire disposeraient alors du même avantage concurrentiel, ce qui réduirait ledit avantage à néant. Il est vrai que les banques connaissent la musique puisqu’elles perçoivent des intérêts substantiels du financement des ERP de leurs clients.
    Comme le faisait remarquer le profond Lao Tseu : « L’expérience est une lumière qui n’éclaire que soi-même. »

 Jean Mikhaleff/RePeGlio

Vos applications maison avec le générateur Expert RePeGlio:

   Selon nous, il est préférable de traiter l’information plutôt que de la maltraiter.
   Nous avons l’outrecuidance de croire, qu’entre les ERPs et Excel, il y a de la place pour des applications spécifiques maison.
   Nous proposons un générateur Expert d’applications RPGIV sans surcouche ni L4G qui permet de couvrir les applications satellites permanentes, pérennes et à forte valeur ajoutée que demandent les cadres des entreprises. Notre générateur Expert est accessible, y compris aux non informaticiens pour la partie standard, moyennant deux jours de formation, à condition de connaitre les fichiers de l’entreprise.
   Nous espérons que la lettre de ce mois donnera des idées… comme le dit la formule consacrée : n’hésitez pas à nous contacter, il vous sera réservé le meilleur accueil.

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